Mot du fondateur

Samuel Grzybowski

Discours prononcé par Samuel Grzybowski à lors de l’Assemblée Générale d’octobre 2014. Il a été remplacé à la fin de son mandat le 11 octobre 2015 par Radia Bakkouch, nouvelle Présidente 2015-2018.

 

Chers amis,

Comme il y a un an lors de notre dernière Assemblée Générale, nous pouvons continuer à dire : Coexister est en pleine croissance et cette phase de décollage est une phase dont nous ne voyons pas encore la fin, ni à court ni à moyen terme. Il s’agit donc d’une bonne nouvelle puisque les besoins, les objectifs et les moyens augmentent conjointement. Les difficultés, les obstacles et les nouveaux enjeux croissent évidemment par la même occasion. Une ligne a semblé se dessiner tout au long de cette année 2013/2014 que nous clôturons aujourd’hui : un intérêt renouvelé pour la défense du principe de laïcité dans le cadre d’un militantisme citoyen et de l’émergence d’une entreprise sociale.

1- Laïcité et Engagement Interconvictionnel

« Ces jeunes forment l’association la plus laïque de France même s’ils parlent de religions 24h/24h » disait à notre égard RTL lorsque nous passions dans l’émission de Marie Drucker un samedi midi. Cela peut paraître paradoxal ou contradictoire. Il n’en est rien. Coexister est un levier de la laïcité depuis sa création. L’occasion d’en rappeler les principes fondateurs : une séparation entre les religions et l’État et la garantie d’une liberté religieuse et convictionnelle théorique et effective. L’interconvictionnel en tant que moyen et non en tant que fin en soi favorise à la fois cette séparation et cette liberté. C’est d’ailleurs l’une des ruptures incarnées par Coexister. L’interconvictionnel n’est ni le but ni la finalité des actions de Coexister. Il est le moyen et la nature de la structure de Coexister. L’objectif étant de favoriser la cohésion sociale, de créer du lien et de contribuer au vivre-ensemble, c’est l’identité du mouvement qui est interconvictionnelle. Les actions, elles, sont laïques, sociales, sociétales, solidaires, populaires, … .

2- Militantisme, activisme et citoyenneté

Du bénévolat au salariat, le militantisme est une forme d’engagement transversale à toutes les natures de contrat qui peuvent exister entre une structure et un individu. Ce militantisme est visible au sein de Coexister par le biais de la défense d’une idée. L’idée de « Coexistence Active » explique notre leitmotiv « il faut Coexister pour Vivre ensemble ». La notion du devoir et de l’obligation au-delà de l’option et du hobby est un moteur de l’investissement parfois très important des militants de Coexister. Ce militantisme n’est pas dans le créneau des «antis » ou des « contre », il s’inscrit comme une expression de la citoyenneté et du civisme. La responsabilité qui est la nôtre en prenant conscience des carences du modèle multi-religieux invite à proposer un modèle interconvictionnel où l’on persiste à « instrumentaliser » les religions. Oui, nous militons pour que nos différentes identités vis-à-vis du religieux (croyants ou non-croyants) soient utilisées en faveur de la cohésion nationale. Une « instrumentalisation » juste et nécessaire qui déplace le curseur et le problème.

3- Une entreprise sociale

Autant Association qu’entreprise sociale, Coexister a été décrite comme « Une start-up non lucrative de promotion d’une idée » par un chercheur à notre sujet. Si cette dimension se fait déjà sentir, elle sera prépondérante à l’avenir. La sélection de Coexister pour une session de formation de deux semaines dans la prestigieuse université de Cambridge en vue de la production d’un modèle économique solide et pérenne présente un réel espoir quant à l’augmentation de nos capacités d’autofinancements, d’auto-hébergements, d’auto-rémunérations, d’auto-investissements. Nos prestations fournies en sensibilisation, en formation ou en voyages peuvent constituer un capital de connaissances et d’argent suffisant pour établir Coexister dans le paysage de l’entreprenariat social en France.

Si L’Association Coexister a reçu cette année l’agrément Entreprise Sociale et Solidaire c’est en partie pour le fonctionnement de sa gouvernance dont la direction est non seulement démocratique mais aussi participative et consultative. Lors de notre 6ème Assemblée Générale ce week-end du 11/12 Octobre 2014, nous avons pu constater l’engouement et la volonté d’avancer de la part de la centaine de participants aux formations interconvictionnelles et des 60 administrateurs représentants les 20 nouveaux groupes locaux officiels de notre mouvement. Ensemble, nous avons bâti un superbe plan d’orientations pour l’année à venir.

Merci à tous !